L’outil d’aide à la décision , 'Decision support Tool' Joaquin a été conçu pour aider les décideurs politiques et leurs assistants, p. ex. les fonctionnaires, à choisir les mesures les plus judicieuses en vue d’améliorer leurs politiques routières locales en matière de qualité de l’air. Cependant, le fait de choisir une mesure optimale ne signifie pas nécessairement qu’elle sera mise en œuvre dans l’immédiat. Dans cet outil, les auteurs se fondent sur leur propre expérience pour partager avec les décideurs locaux et leurs assistants des trucs et astuces contribuant à améliorer les politiques en matière de qualité de l’air. Il est inutile de souligner que cet outil ne doit pas être appliqué à la lettre et que votre approche doit être systématiquement adaptée à la situation locale.

Étape 1: appréhendez parfaitement la situation locale

Avant de démarrer, assurez-vous d’appréhender parfaitement la situation locale:

 

  • Quelle est la qualité locale de l’air ?

Renseignez-vous auprès de votre réseau (national/régional/local) de surveillance de la qualité de l’air et/ou de modélisateurs spécialisés en qualité de l’air afin d’obtenir des informations détaillées sur les taux de pollution à l’échelle locale. Entretenez-vous avec des personnes travaillant dans le domaine et renseignez-vous à propose de :

 - la qualité de l’air en général, et ses différentes composantes (au moins PM10, PM2,5, suie (noir de carbone ou carbone élémentaire), NO2, O3)

 - la variation spatiale : où sont les « points de pollution » (et quelles y sont les principales sources d’émission)

 - la variation temporelle : quelles sont les « périodes de pollution » (saisonnières, jour de la semaine, heure du jour)

 

  • Quelle est la principale source de pollution de l’air ?

Et y a-t-il des « pollueurs » spécifiques au sein de ce type de source ?  Par exemple, les véhicules diesel anciens et industriels émettent davantage de particules et de suie que la majorité des véhicules en circulation. Un faible pourcentage du trafic routier peut être responsable de la majorité des émissions.

 

  • Qui dispose d’informations utiles ?

Consultez ces personnes et/ou travaillez conjointement avec elles; elles peuvent également appartenir à d’autres secteurs tels que :

 - organisation du trafic, infrastructure, transport (public), aménagement de l’espace, paysage (urbain), environnement, énergie, bruit

 - santé publique, santé environnementale, hôpitaux/généralistes

 - organisations non gouvernementales (environnementalistes, initiatives en faveur de l’utilisation du vélo, organisations de patients), secteur privé, branches spécifiques (p. ex. voitures partagées, initiatives en matière de transport)

Étape 2 : Formulez votre objectif et vos ambitions

Qu’est-ce qui motive votre besoin d’améliorer la qualité de l’air ?

Est-ce une législation ou votre volonté d’améliorer le cadre de vie et la santé ?

 

  • Législation:

 - satisfaire aux directives européennes (ou nationales) en matière de qualité de l’air

 

  • Créer un cadre de vie plus sain:

 - satisfaire aux directives européennes

 - en appliquant les directives de l’OMS (qui sont beaucoup plus strictes)

 - et/ou en réduisant l’impact de la faible qualité de l’air sur la santé publique en séparant les sources du public (vulnérable) par le biais de l’aménagement de l’espace, de l’infrastructure et d’autres politiques

Étape 4 : Assurez-vous que vos informations et vos ambitions coïncident

Déterminez l’impact effectif de la (des) mesure(s) proposée(s) sur la qualité de l’air.

En fonction de votre objectif et de vos ambitions, il se peut que vous ayez besoin d’une indication approximative ou plutôt d’une estimation (modélisée) précise propre à une composante donnée.

 

  • Si vos ambitions consistent à satisfaire à la législation européenne:

 - vous pouvez utiliser une modélisation spatiale à petite échelle (telle que des modèles de dispersion) pour vos estimations locales

 - et vous concentrer sur les composantes réglementées : PM10, PM2,5, NO2, O3

 

  • Si vos ambitions consistent à créer un cadre de vie plus sain, les résultats visés peuvent être les suivants:

 - amélioration de la qualité de l’air, également pour les autres composantes ayant un impact sur la santé, mais qui sont légalement non significatives, p. ex. la suie (noir de carbone ou carbone élémentaire) et les particules ultrafines (PUF)

 - rapport entre la (taille de la) population et l’amélioration de la qualité de l’air : un petit changement pour un grand nombre d’individus peut être plus bénéfique du point de vue sanitaire qu’un grand changement pour un petit nombre d’individus

 - amélioration de la qualité de l’air pour certaines personnes vulnérables (en particulier : enfants, personnes âgées et individus souffrant d’un problème respiratoire ou cardiaque ou encore de diabète)

 

  • Faites appel aux bons spécialistes:

Pour des exemples d’organisations, jetez un œil au partenariat Joaquin.

Étape 5: Veillez à ce que vos ambitions et les mesures proposées bénéficient du soutien nécessaire

Les mesures ont généralement un impact sur les habitudes ou investissements de la collectivité, d’entreprises et/ou de gouvernements. C’est pourquoi, lorsque vous proposez des mesures, il se peut que vous vous heurtiez à une opposition.

  • Le soutien politique est fondamental
  • Le soutien du public est nécessaire, du moins du point de vue du décideur politique en fonction. Par conséquent, le soutien du public est nécessaire pour obtenir le soutien politique.

 

Le soutien est généralement influencé par les éléments suivants:

- Sentiment d’urgence : le politicien/décideur politique est-il convaincu de la nécessité d’améliorer la qualité de l’air ?

- Confiance dans la mesure : la mesure proposée mène-t-elle aux résultats escomptés ?

Utilisez des informations collectées ailleurs (s’inspirer de l’outil de support à la décision et des fiches d’information) ainsi que des prévisions (modèles) propres à la situation locale.

- Rapport coût-efficacité : les résultats de la mesure sont-ils proportionnés aux investissements requis ?

Tenez compte des problèmes d’équité sociale et économique ainsi que des politiques impliquées lorsque la mesure requiert des investissements publics.

Pour le soutien public, tenez compte du fait que les mesures impactant (fortement) le quotidien sont perçues comme onéreuses (même si elles ne coûtent pas réellement de l’argent). Des expériences ont démontré que cet effet pouvait s’estomper avec le temps.

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